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La creche de rosalie de belleroche, née à Mascara en Algérie

Sa crèche occupe un pan entier d’un des murs de son salon, dans son petit appartement de la grande barre de Belleroche. 

De si beaux souvenirs de son enfance à Mascara en Algérie

« Nous n’étions pas de riches colons, mais de petits maraîchers cultivant leur jardin », raconte-t-elle.

Né le 3 mars 1925, à Mascara, en Algérie, elle était l’aînée d’une famille de 4 enfants dont les parents étaient d’origine espagnole.

« Notre mère allait vendre ses légumes sur le marché. C’était le bonheur dans un pays magnifique, baigné de soleil », dit-elle, rayonnante.

« Nous étions amis avec les voisins musulmans qui se précipitaient à Noël pour admirer notre crèche. Il y avait aussi une église et nous ne manquions jamais la messe de minuit. Lorsque je me suis mariée, à Mascara, nous avons occupé avec nos deux filles, un petit appartement dans la ville. J’aidais mes parents, au ramassage des fruits et légumes, tandis que mon mari était agent de service au lycée. » Une vie paisible jusqu’à ce que l’Histoire les rattrape. « Si des échos nous parvenaient de la guerre, nous en avons été protégés jusqu’à notre départ forcé en juin 1962. Ce fut un déchirement. Mon père était enterré là-bas, et nous n’avons ramené avec nous que ma mère, perdant tout contact avec le reste de la famille. »

Ils arrivent en Calade

Après deux mois à Lyon, le mari de Rosalie finit par trouver un emploi de concierge aux usines Vermorel de Villefranche, en octobre 1962. « Nous étions alors une curiosité. Un article sur les pieds-noirs caladois et leur intégration avait même fait la une du quotidien ! », se souvient Rosalie. Hélas, son mari décède d’une crise cardiaque, en 1969. « Mais nous avons été heureux dans cette loge avec son grand appartement », dit-elle. « C’est nous qui tirions la sirène d’entrée et de sortie d’usine, qui ouvrions le portail, qui répondions au téléphone ». Licenciée du jour au lendemain et dans l’obligation de trouver logement et travail, Rosalie vient s’installer à Belleroche. « Ma fille y réside toujours, dans la grande barre, 43 ans plus tard. « Nous y avons vécu, quelques années, de mes heures de ménage. Je me suis remariée, cinq ans plus tard, puis je suis partie, pendant 23 ans, à Nîmes. Ma fille, Ginette, a voulu que je revienne près d’elle, en 2011. Je suis très heureuse de retrouver mon ancien quartier dans lequel je me plais beaucoup », dit-elle. Dans toutes ses pérégrinations, il y a cette constante. Cette crèche, ses personnages qu’elle ressort, chaque année de son précieux écrin. « Je l’installe avec beaucoup d’attention dans mon salon. Je ne mets Jésus que le 25 décembre, mais je la garde plusieurs semaines. Je la montre volontiers car j’en suis très fière, même si, en la regardant, les souvenirs de tant d’années de bonheur remontent forcément à la surface. Quoi que l’on fasse, on n’oublie jamais son pays natal ! ».

De notre correspondante locale Marie-France Balandras< le progres villefranche 4.01.2014



12/01/2014
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