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LE COEUR LOURD

Le coeur lourd

 

La nuit tombe sur le quartier presque désert.

On aperçoit de loin en loin quelques lumières.

Par les baies vitrées luisent les téléviseurs

Ou le plafonnier du salon. C'est l'heure

Ou tout se décide dans les caves et les sous-sols !

 

On rit, on boit, on deale, entre deux bouffées,

Manière de tuer ce temps qui ne cesse de durer

Faisant suite à une journée d'ennui, à traîner.

Les rêves, les espoirs : on ne sait pas espérer.

On parade pour faire croire aux autres qu'on est forts.

 

Les mères cessent de crier qu'il faudrait se coucher,

Tirant sur la corde de leur lassitude, épuisées !

Qu'ai-je donc fait pour qu'ils m'ignorent ainsi

Qu'ils ne voient même pas le chagrin qui me mine

Mes regards tristes et mes mains tremblantes ?

 

Les hommes se disent qu'il faudra se lever tôt,

Descendre en gare pour se rendre au boulot,

Au taf qu'ils disent ! Un œil d'abord à la vieille Fiesta

Qu'ils espèrent trouver intacte : Inch'Allah !

La retraite semble encore si loin, malgré la fatigue !

 

Tout à coup hurlent les sirènes, et surgissent des balcons

Les couples effarés scrutant de toute part, l'horizon.

Oh non, ces flammes qui vous laissent hagards !

Mais qu'ont-ils dans la peau ces petits salopards !

Le fils entre en courant, tandis que sa mère pleure !

 

Cette fois les voisins d'en face l'ont repéré !

Demain en comparution immédiate, effaré,

Il réalisera enfin qu'il est désormais majeur,

Que toutes les peines tomberont sur l'heure !

Dans la nuit retentissent, de sa mère, les cris de douleur !

 

Rue Lavoisier qu'as-tu de si beau pour les attirer ?

Tes murs crasseux, tes innombrables couloirs,

Ton isolement ! Tu rebelles : l’écœurant mitard !

Tandis que Johnny hurla « Le Pénitencier »

Les gosses se fichent bien des leçons du passé !

 

« Oh mère écoutez moi, ne laissez jamais vos garçons,

Seuls la nuit traîner dans les rues ! Ils iront tout droit en prison ! »

« ….Pour moi ma mère a donné sa robe de mariée,

Peux-tu jamais me pardonner, je t'ai trop fait pleurer ! »

 

Marie-France ROUX BALANDRAS 16 10 2018

 

 



17/10/2018
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