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QUARTIERS : ce mot qui fait peur

QUARTIERS : ce mot qui vous terrorise, alors que même le centre ville est un quartier à lui seul !

        Sauf que lorsque ce mot est prononcé, à forciori en calade et que l'on nomme Belleroche ou Béligny, là , c'est l'apothéose !Les gens qui y vivent sont des crève-la-faim (ah bon?), délinquance, drogue, voitures qui brûlent, rodéos....et tout le titoum,. Si on rajoute musulmans, on a bouclé la boucle !

 

             Revenez à la raison ! Belleroche fut un quartier résidentiel et oui, avec les militaires du Mont Verdun notamment dans les années 1970, et un bus spécial qui les emmenaient et les ramenaient ! Beaucoup de notables actuels ont habité Belleroche avec leurs familles !

           Certains habitants sont venus en 1970 et n'ont jamais quitté le quartier car, sur ce plateau, vue magnifique, verdure et logements agréables, ils ont préféré rester !

       Quand je suis venue à belleroche, barre des Cygnes, ce qui m'avait sidérée, c'était le calme !

 

      En ville, vous n'entendez plus le bruit tellement vous vivez avec : en temps normal, je précise, certains bistrots  et boites de nuit qui ferment à pas d'heure le week-end, font un tapage d'enfer, qui plus est quand, après trois heures du mat, la viande saôule qui se bat dans les rues, renverse les poubelles, s'engueule.. !

         J'ai habité rue nat pendant huit ans et m'en suis échappée, je sais de quoi je parle !

       Les véhicules sans pot d'échappement qui tournent en continue sans jamais être arrêtés, les véhicules tout court, bus, camions, voitures de pompiers, de police, ambulances le tout avec sirènes ! Sérieux ! Vous ne les entendez même plus !

        Forcément en quartier, dès que passent les premières motos, on hurle parce qu'on a l'habitude d'entendre le silence de notre quasi campagne, pour Belleroche !

     Forcément aussi, on voit de sa fenêtre les mômes qui trainent dans les rues, font du trafic, des barbecues sauvages une partie de la nuit le week-end dès que les beaux jours arrivent, les rodéos autour des bancs et des pelouses et au petit matin, de temps en temps, les voitures et poubelles brûlées !

       Sur un plateau, tout se voit, alors qu'en ville, tout est caché entre les ruelles, surtout la nuit !

 

       MAIS on ne peut pas faire l'impasse sur QUARANTE ANS de Politique de la ville, un désastre politique gouvernemental, même si cela partait d'une bonne intention, surtout faite pour se donner bonne conscience ! De grands ensembles dans lesquels le brouhaha dominait et qui sont progressivement devenus des ghettos sans que personne n'y est pris garde et que l'on pleure en 2020 !

 

     Le gamin qui, faute de boulot, créait une association, pouvait avoir d'emblée une subvention. On ne leur apprenait pas le BA= ba de la formule, et pour le coup, j'hérite d' un local dans lequel je fais ce que je veux, et vogue la galère !

       L'encadrement ? Bof, ils se démerdent entre eux (royale la formule, non ?) , nous fichent la paix, le tour est joué ! (je prends des raccourcis) !

      Sauf que ça n'a pas fonctionné ! J'étais conviée à cette Restitution des 40 ans de Politique de la ville, avec le Ministre de l'époque, avec mes amis des conseils citoyens !

     Sans mettre l'humain :  des éducateurs très formés et très spécialisés, une police de proximité autant pour la prévention que pour veiller au grain ; les instances qui viennent sur place expliquer le pourquoi et le comment d'une « Mission locale », d'une « Agence pour l'emploi », avec du personnel compétent et qualifié en nombre suffisant....ceux de la ville venant à même le quartier pour un brassage de population.....l'échec était garanti !

      Donner le mode d'emploi pour chercher des adresses et des éléments sur les formations, en ayant un coach qui veille à ce que ne prime pas le délit de sale gueule pour une embauche ou une formation, etc...je l'ai déjà dit tant de fois !

 

          Au lieu de cela, on blâme les parents, mauvais éducateurs, en menaçant pour certains de couper les aides sociales ! Facile, on s'en lave les mains et il y aura un résultat, on a jugé et condamné, c'est la faute des parents ! Ben voyons !  On les incitera à dealer davantage pour avoir le fric et les pauvres parents qui ne peuvent même plus donner une claque au merdeux sans se retrouver au tribunal, fait quoi, lui ?

 

        D'autant que dès qu'un gamin se démarque, insulte par réseaux sociaux, vite récupéré par les chaînes infos qui en font une vedette, on applaudit ! Que dire aussi de cette gamine de 13 ans sur laquelle on s'est jetée, au lieu de trouver des personnes compétentes pour chercher le fin mot de l'histoire, et qui n'avait justement trouvé personne à qui parler dans son collège !

 

 

       Des gosses qui n'ont plus aujourd'hui, dans une école élémentaire, un collège ou un lycée, un interlocuteur COMPETENT à qui dire : oui je suis harcelé (en très nette progression ça aussi), oui j'ai peur de la réaction de mes parents, oui j'ai un problème personnel que je ne sais pas résoudre.......Ce n'est qu'un bout d'explication, mais c'est bien une réalité !

 

           Parce que oui, dans les établissements scolaires, vous ne voyez souvent que les enseignants qui ont des vacances, mais ne voyez pas le travail considérable qu'il faut accomplir avec les gosses d'aujourd'hui soumis à des tas de pressions : parents qui travaillent donc absents, ou parents au chômage, parfois aussi absents et dans la déprime en plus, réseaux sociaux et leur influence, mauvaises fréquentations à même l'école et comme pour le harcèlement scolaire !  Personne ne voit rien...

 

      Vouloir trouver un fautif illico presto, dès qu'il se passe un événement médiatisé est rudement facile ! Par contre dresser le bilan de tout ce qui va de travers et chercher comment résoudre le problème....ils sont où les donneurs de leçons ?

 

     J'entendais Morandini évoquer le fait que les jeunes ont désormais un couteau !!!! Il n'était pas né lui, en 1960, quand des jeunes très bien élevés parce que les parents cognaient dur en cas de dérapage, blousons noirs de ces années-là, sortaient avec le cran d'arrêt ! Sauf qu'on n'avait pas les médias, ni personne pour dire que les gamins étaient mal élevés, ce qui n'était pas le cas, et qu'il fallait supprimer les aides sociales, alors que les familles nombreuses l'étaient bien plus qu'aujourd'hui surtout chez les gaulois !!!

 

      PAR CONTRE, lorsque la délinquance est effective, que les jeunes récidivent dans des actions violentes, pourraient-ils penser avant tout aux larmes de leurs mères ? Sont-ils nés seulement pour les faire pleurer, les faire se ruiner pour qu'ils puissent cantiner quand ils sont en maison d'arrêt ? La pensée de leur mère en larmes, pourrait-elle les aider à changer de comportement ?

 

       Je n'ai pas été une mère parfaite, loin s'en faut et je n'ai pas eu d'enfants parfaits, mais la vie d'il y a 40 ans et celle d'aujourd'hui, n'ont rien de comparable !

 

        Au lieu de chercher des coupables parmi les parents ou les enseignants, il vaudrait mieux se regrouper et chercher des solutions, à l'intérieur même des établissements scolaires, surtout dans les quartiers, mais pas seulement !

        La violence est partout, dans la rue, à la télé, sur les réseaux, sur les jeux vidéos ! Comment un enfant gère t'il la chose ? Est-ce que les enfants d'aujourd'hui font la différence entre le bien et le mal ?

       Au lieu de modifier la grammaire et l'apprentissage de la lecture, est-ce qu'on n'aurait pas mieux fait de prendre du temps pour essayer de comprendre les gosses et les jeunes de 2020, avec un encadrement à la hauteur ?

          Il y a quelques années, on demandait l'aide du curé !

        Je pense qu'il faut redemander l'aide des curés, des imams, des pasteurs, des rabbins, qui peuvent eux aussi prodiguer leurs conseils ! Car on est sérieusement dans le pétrin et les drames s'amplifient...

      Je peux me tromper, mais je cherche...la situation actuelle m'angoisse et tous ces jeunes mis au banc de la société, ne me fait pas du tout rêver ! 

          Bétonner neuf dans les quartiers ne résoudra rien non plus, car il faut redresser cette situation commune aux quartiers, née il y a trop d'années, en laissant le champ libre à ces jeunes désoeuvrés, qui pour le coup se sont approprié leurs quartiers et s'y sentent chez eux ! Il aurait fallu réagir avant ! Il n'est pas trop tard....mais il y a sacrément du boulot, si toutefois on veut sérieusement se pencher sur la question, et poser les questions aux bonnes personnes, aux gens de terrain et pas aux rigolos des postes administratifs !

 

 

Marie-France

10 03 2021



10/03/2021
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